PSG – Manchester United : même match, deux ambiances

Paris a affronté Manchester hier soir, mardi 20 octobre. Pour les supporters, au delà de la défaite, la déception vient du fait d’avoir raté le match à cause du couvre-feu. Après huit mois loin des stades, ils ont hâte de retrouver les gradins.

La défaite a été amère pour les Parisiens hier soir. Le PSG s’est incliné 1 – 2 face aux anglais de Manchester United. De quoi raviver le souvenir douloureux de la dernière rencontre entre les deux clubs en Ligue des Champions : le 6 mars 2019, le Paris Saint-Germain battu 1- 3 à domicile voyait s’envoler l’espoir des quarts de finales. Cette année, l’enjeu du match de poule était moindre, le score était meilleur, mais le moral des supporters est au plus bas. Le couvre-feu imposé dès 21h à Paris pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 les a contraints à regarder le match depuis chez eux.

Deux ans plus tôt, tout le quartier brûlait pour le PSG

“On a repris le Café Les Fontaines fin 2018. Cinq mois après l’ouverture, il y avait le même match que ce mardi : PSG – Manchester United pour la Ligue des Champions. On s’en souvient parfaitement”, explique Jean-Christophe Rieu, co-gérant de l’établissement. Parfaitement situé à la sortie du métro, place de la Porte-de-Saint-Cloud, c’est un des lieux de rendez-vous des habitués du Parc des Princes. “On ne peut pas s’empêcher de faire le parallèle” entre les deux matchs, soupire le restaurateur. Même affiche, deux ambiances.

Le 6 mars 2019, le lieu était plein à craquer, la foule joyeuse ne se souciait pas encore du respect des gestes barrières. Dès la fin d’après-midi, familles et bandes de copains envahissait la place. A 19h, l’ambiance battait son plein, les supporters chauffaient leurs cordes vocales pour le match dans tous les bars du quartier. “Ce soir là, on avait fait 460 couverts”, se rappellent les deux gérants. Benjamin, 28 ans, supporter du PSG depuis sa naissance, se souvient parfaitement de la soirée. “On était aux Trois Obus avec des potes, on avait sympathisé avec des Anglais arrivés depuis plusieurs heures et très éméchés”, raconte-t-il par téléphone. “On s’était retrouvé deux bonnes heures avant le match, il y avait une grosse ambiance. On était sûrs de gagner ce soir-là alors c’était l’euphorie, on s’était bien marré”.

Quelques rues plus loin, Romain, proche du collectif Ultras, était au milieu des fumigènes qui s’élèvent le long du stade, à s’égosiller. “J’en ai pas craqué personnellement, mais bien sur c’était incroyable comme avant-match”, se souvient le trentenaire. “J’avais payé ma place 160 euros, tous les voyants étaient au vert, on était persuadés qu’on allait voir une victoire historique”. Quelques heures plus tard, Benjamin, Romain et leurs amis ne rient plus, l’élimination en huitième de finale fait mal, chacun rentre chez soi sans un dernier verre. “Je garde un souvenir amer du match, mais l’avant-match était incroyable, c’est ça qui m’a manqué hier soir”, ajoute Benjamin.

Un match entre passion et frustration

Hier soir, ils étaient seuls chez eux, devant la télé, ou à bidouiller des sites de streaming à défaut d’un abonnement à RMC Sports, qui diffusait le match. “Je n’ai pas eu la sensation d’adrénaline qui monte, j’ai appuyé sur play, mais j’étais pas dedans”, avoue Benjamin. Les messages envoyés à chaque action sur la conversation groupée qu’il partage avec ses copains n’y changent rien. “C’est un autre football. Voir le Parc des Princes vide, c’est vraiment triste”, commente Quentin de son côté. Il se décrit lui même comme “un accro des gradins”, qui choisit ses vacances en fonction des rencontres footballistiques. “J’essaye de faire un maximum de stades en France et en Europe”, ajoute le supporter parisien. “Alors si je suis heureux que les compétitions continuent, c’est dur de manquer le spectacle”. Cette affiche le faisait rêver depuis des mois, mais hier, la soirée sur le canapé a tout gâché. “C’est du sport fait pour être partagé ! Un match sans public, sans vie, ça n’a pas de sens, d’ailleurs on a bien vu que les joueurs ressentaient l’absence des supporters”.

“Je crois que c’est assez égoïste”, admet plutôt Romain. “Pour les joueurs, évidemment que ça peut booster d’avoir 45 000 personnes qui t’acclament, mais ça peut aussi déconcentrer”, estime-t-il. “La preuve, le PSG a gagné face à Dortmund, alors que le match était aussi en huis clos”. Seule certitude : “s’il n’y avait pas eu de restrictions, je serais allé au Parc des Princes pour le voir”, affirment les trois supporters.

Publié par Mathilde Roche

Journaliste tournée vers le numérique : rédaction d'articles, enquêtes, reportages et sujets vidéo pour le web

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